2016 : 7 tendances en com’publique

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Marc Thébault communication publique marketing territorialQuelques jours après la fin de l’année 2015, donc début 2016, il est encore temps de sacrifier aux coutumes et donc de proposer, ici, ce que pourraient être les tendances 2016 en com’publique. Précision : celles et ceux qui pensent trouver dans ces lignes des recommandations sur le choix « Snapchat ou Secret », par exemple, vont en être pour leurs frais. Revue de détail de cette feuille de route pour les douze mois à venir. Ou plus si affinités …

1 – Pédagogie civique et territoriale

Réforme territoriale, nouvelle carte des régions, nouvelles répartitions des compétences entre les institutions publiques, renforcement de l’intercommunalité, créations de communes nouvelles, mouvements de mutualisations accélérés entre villes-centres et EPCI, etc … il va être temps de ressortir sa blouse grise pour tenter d’expliquer à nouveau qui est où et avec qui, qui fait quoi et qui est responsable de quoi. Préalable indispensable : le comprendre déjà soi-même ! Et adhérer éventuellement.

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2 – Serrer encore les cordons de la bourse

Est-il encore nécessaire de rappeler que les collectivités et les EPCI, pris à la gorge, ont fait des choix drastiques dans leur gestion et que – non, toujours pas – la communication ne fait pas partie des secteurs préservés par ces mesures draconiennes d’économies. Dépassé le « faire plus avec moins », voire le « faire pareil avec moins », nous allons tout droit vers le « faire moins avec moins ». Ou, parce que nous avons un tempérament optimiste, « faire différemment avec moins ». En somme il va s’agir d’éviter le misérabilisme et les coupes sombres et aveugles afin de faire fonctionner ses neurones pour trouver de nouvelles idées, donc de nouveaux médias, de nouvelles actions. Danger : croire que le numérique, réputé à tort sans coût, serait une panacée.

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3 – Le numérique humaniste

Se souvenir, et ne plus jamais l’oublier, que le numérique n’est qu’un moyen d’entrer en relation (et de maintenir cette relation) et qu’à ce titre, il n’est jamais une fin en soi mais juste un truchement pour faire de manière contemporaine notre job fondamental : communiquer. Et dans « numérique », entendre, dans le désordre : réseaux sociaux, applis, web 3.0 (et plus si vous voulez), objets connectés, sans contact, … En somme toute la panoplie de la « smart city ». Détail : on n’oubliera pas de travailler la communication par les images (photos et vidéos), supports redevenus indispensables, au moins sur les réseaux sociaux.

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4 – La collaboration territoriale

Cette tendance, directement liée à la n°1, va concerner les coopérations territoriales. Sens de l’Histoire, loi NOTRe et pragmatisme, un trio qui entraîne de nouvelles collaborations entre territoires, pas forcément voisins ni du même camp politique, car le constat est évident et double : il est impossible d’exister seul – et ce pourrait être un constat négatif car une contrainte – mais d’autres ont les mêmes difficultés et les mêmes enjeux – et ce pourrait être une sacrée chance de mutualisation de réflexions, ressources et moyens, donc une très belle source d’opportunités. Remarque : ici aussi il faudra faire preuve de pédagogie (voir plus haut) et d’imagination lorsqu’il s’agira d’expliquer ces nouvelles structures que sont les pôles métropolitains notamment et ces nouvelles alliances hors des sentiers battus.

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5 – La coproduction inévitable

Cette autre tendance relève de « l’ubérisation » de la com’publique. S’est toujours posée cette question : une collectivité doit-elle tout faire ou doit-elle donner au secteur privé l’opportunité (et des moyens) de faire. Principalement en ce qui concerne les innovations numériques et économiques (mais pas que). Désormais une réponse semble s’imposer : même si la collectivité veut faire seule, secteur privé et/ou population feront aussi, de toutes façons et parfois plus vite et mieux. Ainsi la com’publique ne sera peut-être plus, demain, entre les seules mains des directions de la Communication, mais aussi entre celles de startups un peu frondeuses et d’habitants avisés et organisés qui sauront, en se centrant mieux sur les vrais besoins et les vrais usages, proposer des alternatives de canaux d’informations et de participation plus en lien avec la vraie vie. A noter : se posera donc la question du délicat équilibre à tenir entre la promotion de ces différents supports, à la fois concurrents des nôtres mais néanmoins vitrines du savoir-faire de « smarts people », vous savez ceux qui, en réalité, font les smarts cities (voir plus haut).

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6 – Repartager les valeurs républicaines

2015 a connu de redoutables évènements qui ont eu, entre autres, pour conséquence de réinterroger ce qu’est notre société, ce qu’est notre système politique, ce que sont les symboles de notre République et de notre Pays. A ces occasions, nos habitants ont su montrer leur capacité de mobilisation et d’engagement. Puisque, comme le disait Romain Gary, « Le patriotisme c’est l’amour des siens quand le nationalisme c’est la haine des autres », il serait donc incontournable que la com’publique redonne à partager nos valeurs communes républicaines (dont : Liberté, Egalité, Fraternité), sans attendre de nouveaux attentats et sans surfer sur l’émotion à la manière des chaines d’infos en continu. Nos territoires sont des lieux de cohabitations de multiples groupes et ils ont l’immense chance de pouvoir compter sur la proximité, donc de rendre vite concrètes la connaissance et la reconnaissance de tous et de donner du corps à la notion, parfois virtuelle et floue, du « vivre ensemble ». Constat : le premier maillon de la cohésion nationale, c’est le local.

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7 – Réhabiliter la parole publique

Il y a eu les évènements présentés ci-dessus et il y a eu des élections régionales qui ont, elles aussi, questionner – et parfois sans ménagement – la manière de faire de la politique aujourd’hui en France. Et 2016 sera également baignée dans un climat pré-élections présidentielles qui ne manquera pas de reposer les mêmes interrogations. Si beaucoup de consciences ont, a priori, été réveillées par les résultats de décembre 2015, se posera à l’évidence en 2016 la question de savoir si les postures à la « J’ai entendu votre message » seront suivies d’effets. Les mêmes causes entraînant les mêmes conséquences, si rien ne bouge d’ici là, les présidentielles de 2017 risquent, pour le coup et en comptant avec celles et ceux qui ont juré qu’on ne les y prendrait plus, de se transformer en un véritable tsunami. La com’publique ne fait pas la Politique, elle ne fait que l’exprimer. Ainsi, elle porte cette responsabilité importante de redonner à la parole publique la crédibilité et la portée qu’elle se doit d’avoir. Elle est, certes, dépendante de choix et de décisions d’élu(e)s auxquels elle n’est pas forcément associée. Néanmoins, en bonne médiatrice, n’est-il pas temps qu’elle rappelle régulièrement aux élu(e)s leurs engagements et qu’elle repartage avec les citoyens le respect que mérite celles et ceux qui, au quotidien, s’engagent – par altruisme et pas seulement par opportunisme de carrière – agissent véritablement et peuvent, pourquoi pas, vraiment faire changer les choses ? Ainsi, plus que jamais, la com’publique aura-t-elle à organiser et préparer l’espace dans lequel habitants pourront se faire entendre et élu(e)s pourront partager leurs visions et leurs pistes de solutions. On se résume : en somme, une fois encore, faire se connaître et se reconnaître tous les parties d’un même territoire, chacun à sa juste et incontournable (indispensable ?) place.

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Voir aussi :
Evolution historique de la communication publique : les 6 grandes étapes.
La compublique expliquée aux débutants
.

Accéder au Guide de lecture du blog.

À propos de Marc Thébault

Directeur de communication publique (Mairie d'Issy-les-Moulineaux, mairie de Saint-Etienne, Communauté d'agglomération Caen la mer), marketing territorial (Saint-Etienne Métropole), chargé de cours en stratégie de communication publique, en territorialisation de la communication et en marketing territorial (Ecole de Management de Normandie, Caen / UCO, Angers / IMPGT Aix), auteur chez Territorial ("Construire la communication intercommunale" et participation au classeur "Le Dircom"), webéditorialiste sur cap-com.org. A suivre sur Twitter (@marcthebault) et sur LinkedIn, Viadéo comme Google + (Marc Thebault)
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2 réponses à 2016 : 7 tendances en com’publique

  1. Merci pour ce récap qui nous guide également depuis qq temps ; juste un commandement à ajouter : « L’évaluation de l’action publique tu médiatiseras ». Pas de réhabilitation de la parole publique sans preuves avérées de l’efficacité de ses injonctions. Il va falloir de plus en plus convaincre les services administratifs de transmettre aux dircoms des retours sur actions et ne plus s’en tenir aux baromètres d’image. Mais l’évaluation est encore un mot qui inquiète…

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