Parce que, les choses étant ce qu’elles sont, en me rasant ou m’habillant le matin ou bien en me déchaussant puis me déshabillant le soir – parfois l’inverse quand le cœur y est – une question lancinante vient de plus en plus souvent occuper toute mes pensées surtout depuis la récente réforme des retraites : on fera comment quand on sera vieux ? Sont-ce les multiples douleurs, pas forcément violentes pourtant, qui par leur infinie variété et leur nombre grandissant chaque jour, viennent m’obliger, coûte que coûte, à me faire prendre conscience que ce doit être affreux d’être un vieux dircom ?
Ainsi, à chaque instant où mes lombaires se bloquent, des images anticipatrices viennent se matérialiser devant mes yeux ; yeux qui, pour le coup, ne réclament pas de lunettes pour en saisir tous les détails :
- Je m’observe donc, paralysé devant une tonne de cartons à déplacer pour un futur stand, ou devant les panneaux d’exposition que je manoeuvrais pourtant en un clin d’œil du temps de ma splendeur.
- Je me vois, m’acharnant comme un damné sur mon sonotone pour tenter de capter le discours mon élu. Un détail : je bave un peu quelques fois, surtout quand je somnole en réunion.
- Je défaille en m’imaginant ne pouvant plus maîtriser les tremblements de mes mains qui me feront lire la presse quotidienne régionale en crypté.
- Je transpire à grosses gouttes me projetant en train de tenter de contenir le débordement de ma couche culotte arrivée à saturation pendant un comité de direction un peu longuet.
- Je suis au bord de la syncope quand je me représente, souriant dans une réception, avec le dentier qui choît dans le verre de mon voisin où dans la verrine de mon interlocutrice.
- Et je meurs tout à fait en entendant par anticipation mon corps se relâcher sans prévenir, surtout de manière gazeuse et de préférence pendant une conférence de presse.
Tout ceci étant insupportable et mes mécanismes psychologiques de défense étant (encore) en béton, il va de soi que mon seul salut vient de ma rage ! Alors, bien haineux, je me persuade que de vraies satisfactions viendront compenser mes défaillances physiques pendant les forums Cap’Com et toutes ces réunions où paraderont les jeunes dircoms fraîchement nommés :
- Monopoliser la parole en feignant de ne pas entendre les injonctions du meneur de débat ;
- Empêcher toutes les idées nouvelles d’émerger en les méprisant au nom de l’expérience ;
- Rabâcher sans cesse que c’était mieux avant ;
- Vanner tous les jeunots, tuer tous leurs espoirs, disloquer leurs illusions ;
- Pincer les fesses des jeunes filles en marmonnant « Rhoôo, y’a pas de mal, je pourrais être votre grand-père ! » ;
- Critiquer et se moquer en boucle ;
- Feindre un malaise pour casser un bon argument ;
- Aimer néanmoins partager ses flatulences.
En somme, emmerder le maximum de monde ! Voila du vrai soin palliatif pour partir en beauté ! Maintenant, j’ai hâte !
Voir aussi :
- Ecueil(s) téléphonique(s)
- Dircoms : les 10 signes de votre déclin
- Quand ils parlent politique, je déteste mes enfants

J’adore mec ! J’ai longtemps pensé qu’il n’y avait pas de vieux dircoms territoriaux… mais petit à petit on vieilli nous aussi !
ouarf
j’aime, forcément !
J’ai lâchement lâché la famille Dircoms…
mais vieillir Con Sultan ce n’est pas triste non plus du tout !
bises.